Aménager sa maison, une alternative aux punitions 2


Mon habitat idéal est celui qui sert ses habitants. Il est aménagé, organisé de tel manière qu’il y facilite le bien-être et le bonheur. Je suis spécialisée dans l’aménagement de l’habitat avec des enfants. Mon objectif est donc de trouver des solutions  pour faciliter le bien-être et le bonheur d’une famille dans leur lieu de vie , et j’entends par là autant les parents que les enfants. Je travaille pour permettre aux enfants d’évoluer à l’intérieur de la maison en toute sécurité, être le plus autonome possible, pouvoir coopérer à la vie de la famille. Pour autant mon but n’est pas de transformer votre habitat en crèche ou en école maternelle, des lieux qui sont dédiés , pratiquement de manière exclusive aux enfants, et où pour le coup ce sont aux adultes qui entourent les enfants de faire un effort pour s’adapter à l’environnement. Dans ces espaces tout est conçu à l’échelle des enfants, les tables et chaises, les sanitaires,etc. On y note d’ailleurs que cet aménagement de l’espace permet aux enfants d’évoluer de manière beaucoup plus autonome qu’à la maison. Ils ont beaucoup moins besoin des adultes. C’est donc intéressant de se dire que la manière dont on va organiser notre habitat va permettre aux enfants d’acquérir de l’autonomie ou au contraire leur compliquer la vie.

Maria Montessori a beaucoup écrit en ce sens. Elle a proposé de nombreux aménagement de l’espace de vie de l’enfant pour lui permettre une meilleure autonomie.(dans sa chambre notamment mais pas seulement).  Si je trouve son travail très intéressant, je sais aussi qu’il ne convient pas à toutes les familles. Mon travail est donc d’abord d’identifier les besoins de la famille pour trouver avec eux un aménagement qui leur conviennent.

Aujourd’hui, sur une invitation de Ludivine du blog  Graines de bienveillance,  je souhaite vous  parler d’éducation sans punition. “Quel rapport avec l’aménagement intérieur?” me direz-vous et bien je crois que notre habitat peut favoriser une éducation sans punition ou au contraire la compliquer.  Mon travail en tant que family designer est justement de vous aider à créer un habitat bienveillant avec ses habitants, vous simplifier la vie vers une éducation positive, sans punition.

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Une maison où on n’entend rarement NON.

Nous pouvons aménager notre habitat pour faire en sorte d’éviter un maximum les “bêtises”.

Les enfants, par nature, sont là pour tester et pour découvrir. Ils sont curieux, avec une grande soif d’apprendre. Je suis persuadée qu’il est important de mettre un cadre et des limites à nos enfants. Les règles et les interdits vont leur permettre de grandir. ce cadre là est nécessaire pour qu’ils se structurent mentalement. Pour autant, faire évaluer nos enfants dans un environnement “hostile”, à savoir un contexte de vie avec beaucoup d’interdit crée un contexte beaucoup plus lourd. Les exemples peuvent êtres nombreux: parce que l’on a beaucoup d’objets fragiles que les enfants n’ont pas le droit de toucher, parce qu’il y a un escalier très raide, parce que dans le jardin il y a des fleurs dangereuses, parce qu’une installation électrique n’est pas adaptée, parce que le poêle risque de les brûler,etc, plein de choses qui vont faire que les NON vont se répéter tout au long de la journée, ce qui est stressant pour nous qui ne pouvons pas les laisser évoluer tranquillement et extrêmement frustrant pour eux qui sont continuellement freiner. Je crois qu’il peut être intéressant de faire un point de la situation et voir comment on peut aménager notre habitat différemment, je le répète sans le transformer en salle de jeux pour enfants, ce n’est vraiment pas le but, mais en essayant de tenir compte de tous les habitants, à savoir les parents, mais aussi, les enfants, et créer un aménagement de l’habitat qui puisse être agréable pour tout le monde  et ainsi “filtrer” pour éviter un certain nombre de” bêtises”, ce qui derrière nous permet d’éviter les punitions.

J’aime la solution trouvé par cette architecte d’intérieur et ce brocanteur qui ont un magnifique appartement parisien avec de jolies pièces de design, mais aussi un petit garçon! Ils ont trouvé leur solution: en semaine pendant que maman reçoit ses clients à la maison et que le petit est à la crèche, elle habille l’appartement en version “pro” avec les pièces de design. Quand ils sont à la maison tous ensemble, en version famille, plus aucunes pièces fragiles n’est à porter de main de leur fils. L’appartement est toujours très beau mais plus adapté à chacun de ses occupants.

Réparation plutôt que punition

Je ne crois pas du tout à la valeur éducative de la punition. Il y a des bêtises qui sont faites, des limites qui ont été franchies, il faut donc reposer les règles, remettre des cadres, pour la sécurité des enfants, le bien-être et le confort de toute la famille, C’est effectivement essentiel. Pour autant, je ne crois pas que la punition soit l’outil adéquat pour y arriver. Voici ma définition de la punition: c’est une peine infligé par une autorité (ici le parent, l’adulte) sans lien direct avec l’erreur, la bêtise commis. Par exemple, votre enfant à écrire sur le mur, à casser votre vase ou alors a mis trois fois les doigts dans la prise alors que vous lui avez demandé d’arrêter et vous, en réponse à cela, vous le privez de dessert pendants une semaine. C’est une peine sans relation avec la faute, il n’y a pas de relation de cause à effet. Les enfants, quand ils sont petits, ne peuvent pas comprendre ce fonctionnement. Leur cerveau n’est pas mur pour cela. L’enfant ne va donc pas comprendre davantage la règle que vous avez posé mais par contre il va être frustré. Il va peut-être obéir grâce à la menace de la punition,mais en aucun cas il n’aura intégrer la règle que vous vouliez lui passer.

J’aime beaucoup plus l’idée de la réparation plutôt que de la punition,. Évidemment ce n’est pas toujours possible mais il y a quand même un certain nombre de bêtise qui peuvent être réparées et quand les enfants peuvent le faire par eux-mêmes c’est particulièrement intéressant.

Typiquement chez nous, le moment qui est difficile actuellement c’est le repas car quand Stellina ( 3 ans) a fini de manger, quand elle ne veut plus ce qu’elle a dans son assiette, elle a tendance à faire de la patouille avec ou à jeter les aliments par terre. (si c’est le cas aussi chez vous je vous invite à lire l’article de Ludivine “des repas en famille serreins? oui c’est possible!”) Chez nous, on ne va pas au coin quand on fait ce genre de chose. On pose des mots, je lui demande si elle fait cela parce qu’elle n’en veut plus, je lui explique que cela me fâche quand elle fait ça car c’est du gaspillage et que cela abîme la planète. L’idée n’est pas du tout d’installer de la culpabilité mais plutôt d’essayer de lui expliquer les faits et les émotions que moi je vais y associer, pourquoi je suis fâchée, pourquoi cela me dérange, C’est le premier point et le deuxième point qui fait que je ne suis pas contente c’est que du coup la cuisine est toute sale et là je lui demande de nettoyer. Elle a commis une erreur, à elle de réparer. Elle le sait, Il y a des outils à leur disposition pour réparer la “bêtise” Il y a une éponge, la balayette, la poubelle à leur hauteur et ils réparent leur bêtises. Je trouve cela beaucoup plus intéressant et instructif que le coin où là il me semble qu’on leur apprend plus la frustration, l’autorité et à se taire, plutôt que s’exprimer autrement. Personnellement, je suis d’accord pour que ma fille n’est plus faim, cela ne me dérange pas en soi. J’aimerai que l’on apprenne ensemble à évaluer la bonne quantité à mettre dans son assiette parce je préférerais finir ce qui reste dans le plat que finir son assiette. C’est un point sur lequel nous travaillerons sans doute dans un deuxième temps, là ce que je voudrais c’est qu’elle apprenne à me dire.” j’ai fini de manger” et qu’elle comprenne qu’avec la nourriture on ne peut pas faire la patouille. On lui redit à chaque fois, il y a des choses pour faire la patouille ( le sable, la peinture, la pâte à modeler) mais pas avec la nourriture. Là on est dans l’éducation, c’est ma définition de l’éducation bienveillante. Repartir de l’erreur qu’ils ont fait , pour la réparer pour trouver des solutions, des alternatives, comme cela on construit ensemble un chemin de vie.

Il y a beaucoup de choses que l’on peut faire à la maison pour inciter à la coopération , pour inciter à la réparation. Quand les enfants mettent le grand bazar avec les livres de la bibliothèque, qu’ils ont sorti absolument tous les livres qui sont désormais étalés au milieu du salon. Il n’y aura pas de “file dans ta chambre” ou “va au coin” mais plutôt réparation. Ils vont donc ranger les livres dans la bibliothèque. Comme ils sont encore petits (3 et 5 ans) il va sans doute falloir que je les aide mais je ne fais pas à leur place. S’il y a un livre d’abîmé, il y aura des conséquences, en lien direct avec les faits. Vous abîmez les livres, vous ne savez pas en prendre soin, donc on fait une pause, pour que vous grandissiez un peu et pour le moment vous n’aurez pas de nouveaux livres (plus d’emprunts à la bibliothèque).

La punition empêche de comprendre la règle.

De manière plus générale, voici pourquoi je suis contre la punition: N’étant pas liée directement avec l’erreur qu’elle veut sanctionnée , elle peut être incomprise et elle peut même parfois détourner complètement l’enfant de la règle qu’elle devait mettre en avant. J’en prend pour exemple mes enfants. Ici il n’y a donc pas de punitions mais depuis qu’ils vont à l’école je les entends souvent se menacer l’un l’autre d’être puni. “t’as pas le droit, sinon tu vas être puni”. Je leur ai donc demander d’approfondir. Par exemple, à l’école on n’a pas le droit de courir dans les couloirs, ni de faire traîner ses mains sur le mur dans tout le couloir.  Donc je leur ai demandé s’ils savaient pourquoi on n’a pas le droit de faire cela à l’école, tous les deux m’ont répondu “on n’a pas le droit de faire cela car sinon on va être puni”. “oui, vous allez être puni si vous le faites, mais pourquoi vous allez être puni?” “ ba  parce qu’on n’a pas le droit”. J’ai essayé de tourner la  question un petit peu dans tous les sens et les enfants ne sont jamais arrivés à la conclusion qu’il ne faut pas courir dans le couloir parce qu’on peut bousculer les autres enfants, parce qu’on peut glisser,parce que cela dérange les autres enfants dans les classes, comme ils n’ont pas idée qu’on ne mets pas les mains sur les murs du couloir parce que si 200 élèves mettent les mains , pas toujours propres sur le mur, il va devenir tout sale. Je trouve cela dommage, certes les enfants ne le font pas à cause de la menace de la punition, ceci dit je pense que cela n’empêche pas de le faire en étant sur que personne nous regarde, mais ils n’ont pas integrer le fait qu’il faut prendre soin du matériel collectif. Si on leur parle du groupe et du bien-être  de la communauté, du soin que chacun doit prendre du matériel  mis à disposition de tous, là le discours est complètement diffèrent et on n’a plus besoin de punition. Au contraire, imaginons un enfant qui fait une grande traînée de main peinturlurée sur le couloir, je pense qu’il est beaucoup plus intéressant de lui dire de nettoyer avec une éponge (et cela n’est pas une punition) pour qu’il apprenne à réparer ses bêtises et qu’il apprenne quelque chose: quand je mets mes mains peinturlurées sur le mur, je salie tout le mur (et cette leçon il peut le rapporter et l’appliquer aussi à la maison ensuite).

Faire de notre maison un lieu de liberté et d’harmonie.

La vie des enfants est une énorme découverte permanente. Pour des raisons de sécurité, de sociabilité, d’hygiène,etc. nous devons régulièrement les freiner dans leur élan. C’est ainsi qu’ils se construisent, sociabilise, cela fait parti de notre rôle de parents, d’éducateur. Nous pouvons faire le choix d’aménager notre cadre de vie, pour que chacun y vivent de manière plus libre et sereine et pour pouvoir nous concentrer sur les valeurs essentielles à nos yeux que nous tenons à faire passer à nos enfants. C’est à cette mission que j’ai choisi de travailler: vous accompagner pour installer le bien-être de votre famille dans votre maison.

Je vous invite à témoigner  ci-dessous de votre expérience familiale:

– quels aménagements  avez-vous  fait chez vous depuis que vous êtes parents pour permettre à vos enfants de grandir en toute autonomie ?

-quels sont aujourd’hui les soucis que vous rencontrez à la maison  qui empêche petits ou grands de vivre sereinement à la maison?

Je répondrais à toutes vos questions dans les prochains articles.

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2 commentaires sur “Aménager sa maison, une alternative aux punitions

  • Hortense

    Non vous ne racontez pas n’importe quoi. La maison doit être aménagée en fonction de l’âge de ces occupants. C’est une chose que j’ai réalisé à la naissance de mon relier enfant alors que nous ne habitons un appartement mansardé. Tout était à portée de main de bébé : au ras du sol !

    Un enfer !!!! Depuis à chaque nouvelle installation, je m’accorde un temps d’observation pour évaluer la pertinence des emplacements des meubles ou autres et j’adapte en fonction de ses observations.
    Plus besoin de punir ou d’être attentif à chaque mouvement de nos bambins puisque les objets fragiles ou dangereux ne sont plus à proximité.

    • Aurélie Auteur de l’article

      Merci Hortense pour votre message.
      Oui prendre un peu de temps pour penser l’aménagement avec des yeux d’enfant peut nous faire gagner (à tous!) beaucoup en qualité de vie.
      Et bien sur, comme nos enfants grandissent, il faudra penser à vérifier régulièrement que l’aménagement leur correspond encore.