Témoignage: mes enfants partagent leur chambre


Cette semaine, je prête le clavier à Carole du blog Adolescence Positive. Elle nous raconte son expérience, ou plutôt celle de ses enfants, aujourd’hui adolescents, qui partagent leur chambre depuis toujours.

Bienvenue chez Superliposés,Carole!

Je souhaite aborder dans cet article, mon expérience du « partage de chambre » comme « partage de vie » .

Aussi loin qu’il m’en souvienne, mes enfants ont toujours (ou presque) partagé leur chambre, soit avec un adulte, soit avec un autre enfant.

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crédit photographique: Adina Voicu

La naissance

Quand mon premier fils voit le jour, nous vivons dans un « Château » à Paris : un deux-pièces de 45 m2. Nous ne souhaitons pas bivouaquer sur le clic-clac du salon ; nous aménageons donc un espace pour le lit-bébé dans l’unique chambre de l’appartement.

C’est un « lit-meuble », avec table à langer et étagères intégrées, idéal pour soigner et habiller bébé dans un espace compact.

C’est le début des années 2000, on n’entend pas encore parler de « co-sleeping » ou de « co-rooming » . Partager notre chambre avec bébé est bien pratique pour prendre soin de lui pendant la nuit, pour lui donner le sein, le bercer, le câliner, lui rendre sa tétine égarée, vérifier qu’il respire encore … l’admirer et constater à quel point il est merveilleux … de temps en temps le prendre avec nous dans notre lit quand les poussées dentaires le font trop souffrir, pour lui chanter des chansons pour l’aider à s’endormir pendant la canicule de l’été 2003, 35°C la nuit sans un brin d’air.

Ce partage de chambre nous permet de profiter à fond de notre nouvelle vie de parents.

Quand nous avons souhaité agrandir la famille, nous avons quitté notre « Château » pour un « Palace » en proche banlieue boisée, pas trop loin de mon nouveau travail : un appartement de 75 m2 avec deux chambres. L’un des critères de notre recherche est que la deuxième chambre soit assez spacieuse pour accueillir deux enfants.

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crédit photographique: Daniel Puel

Le grand luxe !

Bébé, qui est quand même un « Grand bébé » de vingt mois se retrouve alors dans un environnement très nouveau : promenades dans les bois à la place des promenades dans un square entouré d’immeubles, nouvelle Nounou, tout aussi formidable que la précédente … et surtout : il a gagné un ticket pour être tout seul dans une chambre, SA CHAMBRE.

MAIS, car il y a un mais …

Malgré la belle tapisserie choisie avec amour, des chiens et des chats fripons grimpant le long de cordes, sa réaction ne se fait pas attendre. Quelques semaines après notre emménagement, « Grand bébé » se réveille en pleurs toutes les nuits vers trois heures du matin. Les larmes se tarissent et le calme ne revient qu’avec les chansons de Maman. Papa prend la relève jusqu’à quatre heures du matin, car Maman a « Piti-frère » dans son ventre et retourne s’allonger dans son lit.

Trois semaines plus tard, épuisés, nous finissons par prendre rendez-vous chez notre pédiatre, qui nous rassure et nous dit de lui parler, de lui expliquer ces changements et d’avoir confiance en notre capacité à l’aider à surmonter ses difficultés. Deux semaines supplémentaires sont nécessaires pour que « Grand bébé » réussissent à dormir « normalement » . Nous enlevons la barrière de son lit. Oui, il dormait dans un lit à barreaux ; nous ne connaissions pas alors les chambres Montessori ;) , avec un simple matelas posé au sol.

Nous passons commande d’un « lit de grand », expliquant à notre enfant, par des jeux et des dessins, comment s’en servir, et que cela signifie qu’il n’est plus un « bébé » . Le « lit-bébé » reste dans sa chambre, inoccupé. Il accepte ensuite de le donner à « Piti-frère » car maintenant, il n’en a plus besoin.

L’arrivée du petit frère

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crédit photographique: Sathya Tripodi

Quand « Piti-frère » nait, pour des raisons devenues plus qu’évidentes, il dort dans son landau dans notre chambre. « Piti-frère » a bon appétit et grandit très vite. Sa nacelle devenue trop étroite pour lui, il emménage vers ses quatre mois avec son grand frère dans leur chambre, avec les chats et les chiens fripons.

« Piti-frère » dort beaucoup pendant la journée. Son grand frère s’accommode de cette situation, et accepte de quitter leur chambre, pour jouer dans le salon ou dans la cuisine, ou pour aller se promener avec Papa.

« Piti-frère » se réveille encore toutes les nuits pour demander à boire. Les premières nuits pendant lesquelles il arrive à patienter jusqu’au matin, son grand frère vient « nous voir » vers trois heures du matin, surpris de ne pas voir Papa ou Maman venir dans leur chambre pour s’occuper de « Piti-frère ». Nous lui expliquons alors que maintenant, son frère n’a plus besoin de boire la nuit, et qu’il peut se rendormir rassuré.

Le « lit-bébé » se transforme

Dès que « Piti-frère » l’a souhaité, nous avons enlevé le caisson du « lit-bébé » pour le transformer en « lit-enfant » . C’est la magie des lits « évolutifs » ;) . Les lits des deux frères se retrouvent alors côte-à-côte, pour libérer un grand espace de jeux, et pour recevoir confortablement leurs amis. C’est l’époque où ils commencent beaucoup à jouer ensemble. Ils se retrouvent aussi dans la cour de récréation à l’école.

Le lit en hauteur

Pour son entrée « à la grande école », notre fils aîné accède à un « grand bureau » dans sa chambre, en plus de la petite table en plastique dont se sert encore son frère. Il utilise très peu ce bureau, car il préfère faire ses devoirs sur la table du salon, avec Papa et avec son frère pas très loin.

Pendant les vacances chez Papy et Mamie, il dort dans un lit en hauteur. Il accepte donc avant ses huit ans de dormir « en hauteur » à la maison. Cela permet à son frère d’accéder à « un lit de grand ». Il donne donc à nouveau son lit, puis son bureau à son frère, et a la chance d’accéder au « nec plus ultra » : un lit mezzanine combiné avec bureau spacieux, étagères et penderie.

Entre temps, un dégât des eaux nous contraint à refaire les murs de leur chambre. Nous choisissons la même tapisserie des chats et des chiens fripons … Nous l’avons ensuite regretté.

Préadolescence

Notre fils aîné a de plus en plus de mal à s’endormir « là-haut » . Nous le retrouvons parfois le matin, allongé « en bas » sur sa chauffeuse. Pendant la journée, il occupe régulièrement le lit de son frère, parce qu’il déclare s’y trouver mieux – après tout c’était son lit avant non ? Cela provoque parfois des tensions, des querelles de territoire ;) .

C’est un âge auquel un enfant a besoin de se retrouver seul dans sa chambre, pas forcément longtemps, mais de manière symbolique. L’entrée au collège de l’aîné, avec ses horaires décalés, permet à chacun de se ménager des moments d’intimité.

Quand notre fils cadet entre à son tour au collège, par chance il termine systématiquement ses cours beaucoup plus tôt que son frère, l’équilibre est maintenu.

Il a lui aussi migré dans un lit mezzanine (moins compact), et les deux frangins se retrouvent « en haut » . Autant vous dire que c’est la « fiesta » tous les soirs (voir mon article « Convaincre votre enfant de se coucher : une idée simple et efficace » ) .

L’adolescence

Le super lit combiné de notre fils aîné n’est « plus aussi pratique que cela » , « trop petit » pour sa taille de 1,75 m. Mais il n’arrive pas à se décider à « quitter » son cher lit.

Depuis quelques temps déjà, la tapisserie des chats et des chiens fripons lui passe par-dessus la casquette. Pour la masquer, il affiche des posters de mangas, et ses dessins réalisés en cours d’arts plastiques.

Un jour, j’entends des bruits étranges de l’autre côté du mur (nos chambres sont mitoyennes) . Puis j’entends mon fils dire « Ah ! Je me sens mieux maintenant ! » . Il vient d’arracher la tapisserie sur un pan de mur (et une bonne quantité de plâtre avec). Depuis le temps que nous lui disions « Oui, on va s’en occuper, mais ce n’est pas simple » , il s’est gentiment proposé de déclencher le processus ;)

Nous mandatons alors un « expert » pour faire les travaux. Les enfants choisissent de faire repeindre les murs en blanc. Pour mener à bien la « rénovation » , il faut démonter le « lit mezzanine combiné » , le répartir en morceaux dans l’appartement … et le remonter ensuite : que du bonheur !

Comme notre grand gars n’est pas trop satisfait de son couchage, nous lui proposons de passer au cran supérieur : le lit « deux places » .

Le lit deux places

La chambre est grande, mais pas assez pour recevoir à temps plein un lit deux places pour « Jeune gars » . Nous adoptons donc la solution du BZ : canapé le jour, grand lit la nuit.

Bon, le week-end et pendant les vacances, le canapé a tendance à rester déplié une partie de la journée, mais les deux frères gèrent l’espace à leur rythme … A un moment de la journée, il faut replier le canapé pour pouvoir ouvrir la porte-fenêtre et aérer ;)

La chambre des parents

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crédit photographique: Mary Pahlke.

Depuis que nos enfants sont petits, la chambre des parents est un espace « réservé » . Dans le sens où on n’y installe pas ses jouets et les copains invités ont tout ce qu’il faut dans les autres pièces de l’appartement.

« Réservé » ne signifie pas que les enfants n’y ont pas accès.

Naturellement, notre chambre a vite rempli un rôle :

  • D’espace de discussion familiale :

Quand une dispute a lieu, ou quand nous avons à discuter d’un point de notre quotidien, nous nous réunissons dans notre chambre pour échanger. Cela finit souvent par un jeu. Suivant l’âge des enfants, une bataille de « guilis » ou de « bisous » , un « gros paquet », notre version familiale de la mêlée du rugby, ou des prises de judo.

  • De lieu d’isolement thérapeutique :

Quand l’un des enfants est submergé par ses émotions, il « fait un stage » dans notre chambre, pour s’éloigner de la source de ses émotions, et pour avoir si besoin une discussion seul à seul avec papa ou maman.

  • D’espace de réconfort : un enfant connaît parfois des périodes difficiles qui nuisent à son sommeil. Ces derniers mois ont été troublés par de nombreux évènements violents, incompréhensibles pour un adolescent. Certains ont alors besoin pour s’endormir de sentir l’un des parents dans la même pièce pour calmer leur angoisse, ou simplement de rester là quelques minutes à « discuter » , faire des « mots fléchés », ou « ne rien faire » avant de rejoindre leur chambre.

Cette pièce est aussi perçue comme un « cocon » de bien-être, grâce à son écart du bruit, soit de la télévision du voisin quand on est dans le salon, soit de la machine à laver quand on est dans la cuisine.

Voici donc notre aventure de « partage de chambre » en l’état actuel, puisqu’elle n’est pas terminée. La suite au prochain épisode ;)

Et vous, comment vivez-vous au quotidien vos « partages de chambre » ?

N’hésitez pas à partager dans les commentaires.

Salva

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