Les enfants, l’apprentissage et les parents


Je participe actuellement à un cycle de parentalité créative appelé “ Vivre et grandir ensemble”, créé par Catherine Dumonteil Kremer et animée par Myriam Nordemann. Si vous avez l’occasion de faire ce genre d’atelier où l’on se retrouve entre parents, pour prendre le temps de s’informer, réfléchir ensemble à notre rôle de parent, allez-y foncez! C’est un des meilleurs investissement (en argent mais aussi en temps) que j’ai fait ces dernières années. Même si vous avez déjà lu beaucoup sur le sujet et que vous pensez déjà tout savoir, je suis persuadée que l’on n’est jamais des parents parfaits et que l’on peut toujours s’améliorer.

Dans notre dernier atelier nous avons travaillé sur la manière dont les enfants apprennent. Après un exercice pratique,nous sommes vite arriver à la conclusion que les enfants apprennent tout le temps, sans se limiter à l’école. D’ailleurs l’école n’est sans doute pas le meilleur endroit pour apprendre de manière optimal pour un enfant. Il est en effet très difficile de respecter le rythme et les intérêts de chacun. Et puis il y a aussi le problème de l’évalutation qui fausse pas mal la donne et incite les enfants à travailler ”pour avoir une bonne note” plutôt que pour le plaisir du savoir.

L’école et les parents

Quand j’ai commencé mon parcours vers la parentalité positive, j’ai très vite vu ces critiques de l’école traditionnelle comme étant très éloignée des besoins et même des potentiels de nos enfants. Souvent lorsqu’on cherche à développer une autre relation parents/enfants, on parle des méthodes d’enseignement alternatives comme l’école Montessori  ou l’école à la maison. Et moi je me suis toujours promis que je n’irai pas jusque là. D’abord pour des convictions sociales profondes: je crois qu’il est du devoir de l’Etat d’enseigner à nos enfants et en retirant nos enfants du système classique, on le décharge de ce devoir. Aussi parce que, même si je me retrouve beaucoup dans la pédagogie Montessori, le fait que ces écoles soient si chères me posent, là encore, un problème éthique. Pour le moment je préfère, justement, essayer d’appliquer Montessori dans mon quotidien avec les enfants. Pour ce qui est de l’école à la maison, il y a mille et une raisons qui font que je ne l’envisage pas comme une solution valable pour mes enfants ou moi aujourd’hui. Reste alors cette question qui a été l’occasion de nos réflexions dans l’atelier: Comment pouvons-nous dans notre quotidien contrebalancer les défauts de l’apprentisagge à l’école classique? L’idée était: sans aller jusqu’à sortir les enfants du système scolaire traditionnel, que pouvons nous faire ? J’adore cette question! Elle me semble plus accessible à chacun d’entre nous.

Je partage avec vous les réflexions, pistes de travail  qui en sont sorties. Pour vous inviter vous aussi, si ce n’est déjà fait, à prendre davantage position sur le sujet.

les enfants l'apprentissage et les parents- superliposes.com

Halte aux idées reçues et aux étiquettes avec les enfants.

J’ai longtemps cru que le monde était divisé en deux “ les bons en math” et les bons en français”, soit l’un, soit l’autre. Vu mon niveau d’orthographe (j’en profite d’ailleurs pour vous en faire toutes mes excuses)  vous aurez compris que je faisais partie des “matheux.” Effectivement, j’aimais bien ça et j’étais plutot douée. Mais si finalement ce classement de “matheuse”, n’était du qu’à un terrible hasard au départ?. En CP, j’avais deux maîtresses: une que je trouvais un peu froide et qui me faisais un peu peur, pour le français et une que je trouvais bien plus sympa pour les maths. Alors je préférais le cours de math! En CE1 ma maîtresse m’a tout de suite collée cette étiquette de “nulle en français”. Je me rappelle très bien avoir reçu à Noël cette année là une machine à écrire, j’étais super contente de lui dire et elle m’avait alors répondu “dommage qu’elle ne te corrige pas les fautes” (depuis on a invité l’ordi et le correcteur d’orthogrape, ouf!). Ce que je veux dire, c’est qu’il me semble que jamais personne n’a essayé (ou du moins réussi) à me faire voir l’orthographe comme un jeu, un défi à relever, avec une logique (comme pour les maths). On m’a collé une étiquette et j’ai complètement adhéré et à partir de là, les dés étaient faussés. Quand on faisait une dictée, j’étais sure d’avoir zéro, quel intérêt? pourquoi essayer?

C’est là, je crois, que nous devons (essayer) intervenir, les parents. Pour éviter les étiquettes. Essayons d’inverser la donne. Les enseignants qui ont une classe de 20 ou 30 enfants à gérer ne peuvent pas suivre en profondeur les besoins de chacun. Il est facile qu’une notion échappe à un élève et ensuite tout s’enchaine. Alors essayons, avant de coller une étiquette à notre enfant qui le suivra toute sa vie, d’inverser les choses en se rapprochant de la manière plus instinctive d’apprentissage de l’enfant, celle que ne peut pas offrir l’école. Maintenant avec le Web tout est beaucoup plus facile et accessible qu’à l’époque de nos parents. Alors avant de baisser les bras, “laisser ça à des pros”, essayons. C’est l’engagement que je prends pour mes enfants demain, même si je ne vous cache pas que cela m’inquiète un peu. Serais-je à la hauteur?

Le plaisir d’apprendre.

Qu’avez-vous retenu de vos années d’études?  Pour ma part, j’en ai honte, mais je dois dire qu’il ne me reste que de vagues souvenirs confus. J’ai l’impression de tout avoir appris en mémoire courte, pour les examens ( et cela marchait plutôt bien!). Une fois sortie de l’école, mon cerveau s’est dit qu’il pouvait tout effacer. Mon exemple le plus flagrant est l’allemand, que j’ai étudié pendant 5 ans à raison de plusieurs heures par semaine. Aucun enseignant n’a réussi à me faire aimer cette langue, j’ai “bachauté” avec un prof privé la dernière année pour ne pas être pénalisée au bac. J’ai réussi à avoir 13 et ensuite? plus rien! je suis incapable d’aligner 3 mots! quelle tristesse, quel temps perdu! J’ai récemment fait une “life list” et parmi mes projets de vie, je me suis écrit celui de me remettre à l’allemand. Autrement, avec une méthode plus naturelle car si pendant toute ma scolarité j’ai été étiquetée de “nulle en langue”, je suis aujourd’hui bilingue en italien. Tout simplement parce qu’à vivre à Milan, j’ai ressenti le besoin, l’envie et le plaisir d’apprendre. C’est venu naturellement, avec la même facilité que j’enseigne aujourd’hui le français à mes enfants, sans autre méthode que la cohérence et le naturel.

J’avoue que je ne sais pas trop comment je vais réussir à le mettre en place mais je souhaite vraiment faire comprendre à mes enfants qu’ils ne doivent pas étudier pour avoir une bonne note, pour être le premier de la classe, mais pour eux, pour le plaisir d’apprendre. Etant donné qu’ils devront passer une vingtaine d’année de leur vie sur les bancs de l’école (soit près d’un quart!) autant que cela serve à quelque chose. Je crois qu’il faudra donc éviter les récompenses, comme les punitions et privilégier l’échange que permet les nouveaux savoirs qu’ils accumulent.

Apprendre pour devenir soi.

L’école n’est pas faite que pour les enfants. Elle ne s’arrete pas après le bac, ni même après l’obtention d’un “bon diplome”, dans une “bonne école”.  Toute notre vie, nous pouvons apprendre et nos parcours professionnels nous y invite tous les jours un peu plus. Je crois que c’est tant mieux car il n’y rien de plus stimulant pour un enfant que de voir un adulte apprendre lui aussi. Nous pouvons nous remettre en question, chercher nos vraies passions, nos centres d’interet. Nous pouvons décider de changer de voie et pour cela reprendre nos études, en cours du soir, le week-end ou à plein temps. Cela me semble un excellent message pour les enfants: nous avons le droit de nous tromper, nous avons le droit d’évoluer, affiner nos choix. La quête d’un meilleur équilibre est noble et ce à n’importe quel age.

Alors je crois que pour aider nos enfants dans leur apprentissage et les aider à développer leurs savoirs et aussi leurs connaissances d’eux-meme, il est important que nous le fassions aussi. Même si nous sommes aujourd’hui adulte, il n’est jamais trop tard.

A vous la parole.

Voilà les quelques pistes que nous avons évoqué. Pour le moment mes enfants sont encore trop petits pour que je vois vraiment ce qu’est l’apprentissage scolaire aujourd’hui. Pour autant, j’ai compris que j’ai déjà un travail potentiel à faire sur moi, sur mon rapport au savoir, à l’apprentissage et même aux étiquettes. C’est moi, nous avec L’Uomo, qui pouvons dès à présent donner une direction à l’apprentissage de nos enfants. Même si parfois il est un peu effrayant de part sa force, j’aime ce pouvoir que nous avons!

Et vous? Quels souvenirs avez-vous de votre apprentissage scolaire et non quand vous étiez enfant? Comment le vivez-vous maintenant que vous êtes adulte et parent? Quelles solutions avez-vous trouvées pour aider vos enfants dans leurs apprentissages? Racontez nous votre expérience ci-dessous. Merci.

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