La leçon de consommation de mon fils


Celui qui m’a vraiment fait prendre conscience de la manière dont je consommais. l’a fait sans même savoir qu’il me donnait là une grande leçon. C’est mon fils du haut de ses trois ans qui a mis ses mots simples sur ce que je ne voyais pas. A cette époque il commençait à mieux maîtriser son langage, de quelques petits mots éparpillés, il avait commencé à faire de belles phrases et des bouts de raisonnement. C’est ainsi qu’à chaque fois que je lui disais qu’il avait fini tous les biscuits du goûter, il me rétorquait qu’il fallait que j’aille “ en acheter d’autres”. J’ai d’abord trouvé cette petite expression très rigolote mais je me suis soudain aperçue que ses injonctions “ il faut en acheter d’autres, maman” était partout. Pour mon fils pas question d’attendre, si quelque chose était finie la réponse était simple: il suffisait de retourner au magasin refaire le plein.

Il ne faisait pas de colère, ne se mettait pas à hurler quand je ne le faisais pas, mais simplement il était logique pour lui que si quelque chose se termine, on doit aller au supermarché en acheter d’autre pour continuer à consommer.

les enfants sont doués pour nous faire prendre conscience de nos erreures- superliposes.com

Quelle drôle d’idée! Ce n’est pas parce que c’est fini que l’on doit courir au magasin. Nous pouvons attendre, faire sans, prendre autre chose. C’est ce que j’aurai voulu lui dire, mais en réfléchissant aux mois qui avaient précédé je me suis rendu compte que j’étais allée faire les courses … à peu près tous les jours!

Je ne sais pas comment cela s’est fait mais on avait mis en place cette habitude avec une amie. Chaque soir en revenant du parc avec les enfants, on passait acheter ce qui nous manquait: parfois une plaquette de beurre, le dîner du soir, du pain, des couches… il y avait toujours une bonne raison de faire ce crochet.

Pourtant, je déteste faire cela, car contrairement à mon amie qui reste assez fidèle à sa liste, moi j’ai tendance à me laisser tenter. La plaquette de beurre finissait pas me couter 12 euros car je n’avais pas pu résister à acheter d’autres choses “puisque j’étais déjà là”.

Et c’est ce modèle là que j’avais fait vivre à mon fils pendant des mois, alors forcément pour lui tout cela était normal et logique!

En quelques mots il m’a fait comprendre l’énormité de la situation: j’étais en train de vivre, de consommer de manière compulsive et désorganisée alors qu’en meme temps je découvrais le minimalisme, le zéro déchet, les licornes, etc. Il était grand temps de commencer à passer à la pratique et de réaligner ma vie à ces valeurs qui prenaient tant de sens pour moi.

Du jour au lendemain, j’ai arreté d’aller faire mes courses tous les jours. (et mon amie avec!). Je fais des listes de courses pour la semaine, avec des menus. Bon je vais être honnête, les menus ce n’est pas encore mon truc, il va falloir que je travaille encore pas mal là dessus. Mais maintenant je fais mes courses au supermarché 1 fois par semaine et une fois au marché pour les fruits et les légumes. Comme nous ne sommes encore pas très organisés , régulièrement on doit s’arranger pour cuisiner sans huile ou sans beurre. On fait de temps en temps une semaine sans oeuf. On s’arrange quoi, mais cela se passe très bien.

Je suis très heureuse de ces changements  parce que cette manière de faire est beaucoup plus en accord avec mes valeurs. Je ne veux pas apprendre à mes enfants à consommer de manière automatique, à l’aveugle. J’aime leur apprendre à patienter, à désirer, à créer, à s’organiser.

A chaque fois que l’on ne peut pas faire de crêpes le dimanche matin parce qu’il nous manque un ingrédient, c’est une petite leçon de vie pour chacun. On commence par ajouter l’ingrédient sur la prochaine liste de course, ensuite on réfléchit pour voir si on peut réussir sans ou à défaut à ce que l’on pourrait manger à la place.

Tout cela, on le  fait ensemble en famille, c’est une petite leçon des principes de vie familiale. Cela se fait de manière tellement naturelle que l’on ne s’en aperçoit même pas. Pourtant l’impact est réel sur l’éducation de nos enfants. C’’est nous parents qui leur donnons les modèles, il est donc essentiel que l’on prenne garde à être vraiment en accord avec ce que l’on veut leur transmettre car chez les enfants l’expression “fait ce que je dis, pas ce que je fais” est beaucoup moins puissante voir même incohérente.

Maintenant que nous avons installé cette notion de temporalité (qui vient aussi avec l’age, Biscotto est beaucoup plus prêt à comprendre cela maintenant qu’il approche des 4 ans) nous pouvons l’appliquer à d’autre domaine de la consommation, pas seulement la nourriture. C’est le cas pour les jouets par exemple, nous apprenons aux enfants à attendre. Ce n’est pas “non” mais ce n’est pas “oui” non plus. Nous en reparlerons à ton anniversaire ou à Noël. En attendant nous pourrions le mettre sur une liste, comme pour les courses mais pour le moment nous n’en avons pas besoin.

En ce moment c’est la grande mode des “spinners”. Bien sur mon fils a noté ce petit objet intriguant qui fleuri plus vite que le pissenlit dans les mains de tous les enfants du parc. Il m’en a demandé un lui aussi et je lui ai expliqué qu’il n’en aurait pas. Il a été évidement déçu, frustré et m’a demandé des explications que je lui ai données avec des mots simples. Ce petit jouet n’aura d’interet que quelques instants, c’est ce qu’on appelle un phénomène de mode. Tout le monde en veut mais une fois qu’on l’a l’interet redescent vite et il finit oublier dans un coin de la chambre. En plus, à voir les bouts de jouet que l’on trouve par terre régulièrement, il semble que ce jeu ne soit pas bien solide. C’est d’ailleurs fait exprès, l’idée est de nous en faire acheter plein alors qu’en vrai cela ne sert vraiment pas à grand chose. C’est nul, il y a mille manières de s’amuser autrement, bien plus créatives, qui ne coûtent rien et n’abiment pas la planète,

Moi aussi j’ai grandi avec ces petits jouets gadgets  qui venaient envahir nos cours de récré et disparaître l’année d’après pour faire place à d’autres indispensables. Je me souviens des puces sauteuses, des balles ultra rebondissantes, celles gluantes, des scoubidous, des tétines. Ont-elles vraiment participé à mon bonheur d’enfant, m’ont-elles appris quelque chose d’important? Je ne crois pas. Ont-elles abîmées ma planète parce qu’elles n’étaient en aucune manière recyclable? Certainement! Ont-elles eu des effets néfastes sur ma santé parce que conçu avec des produits toxiques plein de stimulateur endocriniens par exemple? Probablement…

Je crois surtout que c’était là le début de la surconsommation, une envie créée par le besoin d’appartenance à un groupe même si celui-ci n’a, lui-meme, aucune idée du pourquoi et du comment il s’est mis à tant aimer cet objet.

Je comprend ce besoin des enfants de s’identifier aux autres et cette envie d’appartenance. C’est normal, cela fait partie du processus de l’enfance, adolescence. Mais j’ai découvert il y a peu que cela n’a rien d’obligatoire. Nous n’avons pas forcément besoin d’accepter d’offrir ses gadgets minables à nos enfants pour qu’ils grandissent épanouis et aient un groupe d’amis. Au contraire!

Des familles élèvent leurs enfants autrement, loin de cette consommation excessive et leurs enfants n’en sont que plus heureux. Ils comprennent vite les enjeux derrière ces phénomènes de mode, ils deviennent vite très lucides et choisissent d’eux-meme de consommer différemment. Parce qu’à la base leurs parents leur ont dit “non”, parce qu’ils ont grandi avec un autre modèle de consommation, ils ont découvert une autre façon de vivre plus éthique, plus humaine, plus respectueuse.

C’est  un grand défi, c’est sur. Mais des exemples concrets existent aujourd’hui comme Béa Johnson et ses enfants, ils sont inspirants et motivants. Ils nous prouvent que nous pouvons choisir autre chose pour nous et nos enfants. L’impact est réel et immédiat. C’est mon fils de trois qui me l’a dit!

Et vous? Avez-vous pris conscience de certaines mauvaises habitudes que vous aviez en les voyant répéter par vos enfants? Comment avez-vous réagi? Avez-vous cédé devant les phénomènes de mode ou avez-vous réussi à dissuader votre enfant? Racontez nous votre expérience ici dans les commentaires ou sur le groupe Facebook pour pouvoir avancer ensemble et apprendre à consommer moins et mieux en famille.

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