Désamorcer les terreurs nocturnes de nos enfants


Un cri perçant vous réveille en sursaut au milieu de la nuit: c’est votre petit qui vous appelle au secours. Arrivé dans sa chambre, vous le trouvez désespéré en proie à une vraie crise de larme que vos câlins et mots doux auront bien du mal à calmer. Et puis soudain le silence revient, la tempête s’est apaisée aussi étrangement qu’elle est arrivée. Il est reparti au pays des rêves, vous pouvez y retourner vous aussi, même si souvent c’est un peu plus difficile. Les terreurs nocturnes de nos enfants sont très impressionnantes pour nous, parents: les voir si paniqués, stressés, sans bien comprendre pourquoi est difficile et nous angoisse nous aussi.

Aujourd’hui je participe au laboratoire d’idée “Vers un monde meilleur”. Ses membres publient une fois par mois un article sur un thème commun. Le thème du mois est “ gérer ses émotions” proposée par Céline, du blog Apprendre en s’amusant. A cette occasion j’ai souhaité aborder le sujet des terreurs nocturnes. Comme vous le savez, je ne suis pas psychologue mais décoratrice spécialisée dans les chambres d’enfants. Ici je vous propose donc de décortiquer tout ce qui, dans sa chambre, peut inquiéter votre enfant la nuit et essayer de trouver des solutions pour le rassurer.

Laisser passer la crise.

Au milieu de l’angoisse votre enfant n’aura pas les moyens de rationaliser et de comprendre que tout ceci n’est qu’un malentendu et qu’il n’y a en réalité “aucune raison de se mettre dans un état pareil”. Tout ce qu’il peut comprendre et entendre ce sont vos mots doux et rassurants, lui expliquant que vous êtes là pour le protéger et qu’il ne court aucun danger.

C’est le lendemain matin que vous pourrez essayer de lui en reparler pour tenter de comprendre ce qu’il lui est arrivé. Mais souvent une fois passé, les enfants n’ont qu’un souvenir vague de cet “incident”….jusqu’à la prochaine crise! Alors voici quelques solutions pour essayer de comprendre d’où cela vient et enfin désamorcer la crise.

Se mettre en situation pour comprendre

Il existe plusieurs astuces que vous pouvez essayer et qui peuvent vous permettre de “mettre des mots” sur ces angoisses si votre enfant ne vous les a pas donné lui-meme:

Si la crise arrive toujours à peu près à la même heure, je vous invite à venir un peu avant pour écouter/ voir s’il y a un élément extérieur qui lui fait peur. Cela peut être un chien, un train, le camion des poubelles, le réveil de voisin ou son ronflement, une ombre quand le jour se lève… Cela peut vraiment valoir le coup de vous lever une fois en pleine nuit pour afin mettre fin à ces terreurs.

Autre solution très simple à mettre en place, (vous pouvez d’ailleurs commencer par là, cela vous évitera peut-etre de vous lever en pleine nuit): mettez vous à sa hauteur, allongez vous dans son lit pour vous rendre compte de ce qu’il voit (et ne voit pas).

ce que Biscotto voit allonger dans son lit

ce que voit Biscotto quand il est allongé dans son lit, vous voyez un chien par hasard??

Vous pouvez d’ailleurs le faire avec lui et s’il a déjà un peu de langage, proposez lui de vous décrire ce qu’il voit. Il se pourrait bien qu’il y ait  quelques monstres de cacher dans votre déco pourtant si inoffensive à vos yeux.

Ici ce qui terrifie Biscotto, et nous a valu quelques belles crises d’angoisse, c’est sa peur des chiens. Je ne sais pas d’où cela lui est venu, mais c’est bien la seule chose qui le fait resté tranquille tout contre moi dans la rue. A la maison je ne comprenais pas: nous n’avons pas de chien et jamais un seul n’est rentré chez nous. Mais en prenant le temps d’écouter avec lui, d’observer quand il se bloque soudain alors que l’on est tranquillement en train de jouer, je me suis aperçu qu’il entend souvent des chiens aboyer et c’est ce qui l’angoisse tant la nuit! Depuis on fait un gros travail pour désamorcer son stress en lui expliquant que les chiens ne peuvent absolument pas rentré dans la maison.

Verbaliser ses émotions

Que vous ayez trouvé ou non, ce qui terrorise votre enfant grâce aux astuces ci-dessus, il est toujours très enrichissant pour l’enfant de réussir à verbaliser ses émotions. Pour cela, je vous conseille d’entamer un dialogue sur ses peurs en général, en le guidant et en lui laissant ensuite  un maximum d’expression (il n’est en effet pas dit que ce qui le terrorise soit lié à la pièce, la nuit fait ressortir bien des émotions accumulée dans la journée).

Pour cela vous pouvez par exemple lire un livre sur la peur, les monstres mais aussi sur la colère, la bagarre, etc. Ici en ce moment on lit un magnifique livre sur l’amour maternelle mais ce qui intéresse principalement Biscotto c’est que le protagoniste (lui évidement!) est capable d’aller combattre le dragon… mais a peur d’une petite araignée.

lecture contre les monstres

“Mon Amour” de Pauline Martin et Astrid Desbordes, parle de l’amour maternelle, Enorme coup de coeur ici!

Autre instrument très utile pour dénouer les langues: le dessin. De manière plus ou moins direct vous pouvez lui proposer d’illustrer ses peurs en commençant par celles que nous avons tous (les monstres par exemple… ou les épinards ^-^) et il se pourrait bien qu’il finisse par vous raconter des choses inattendues.

Ce qui peut faire peur

Si malgré ces premiers exercices d’investigation vous n’avez toujours pas compris d’où viennent ces terreurs voici une petite liste des éléments les plus communs qui peuvent être source de peur pour nos enfants:

  • une grande hauteur sous plafond.

C’est particulièrement vrai quand on passe le lit au sol. Votre enfant se retrouve alors avec un plafond très, très haut et bien souvent les grands espaces les inquiètent.

solution: vous pouvez essayer de mettre des boules décoratives (comme celle en papier japonais de toutes les couleurs) ou un ciel de lit

vue ciel de lit cirque pour bebe.image Family Living trouvée sur Pinterest

  • un lit en hauteur

C’est pourtant lui qui l’a demandé et semblait enchanté! oui mais s’il est trop jeune et n arrive pas à en descendre tout seul la nuit, il risque de se sentir  alors prisonnier et angoissé.

solution: avant de choisir un lit en hauteur, rappelez vous qu’ils sont “interdit” avant 6 ans et vérifier bien que votre enfant soit à l’aise pour monter et descendre de manière autonome. Si vous l’avez déjà acheté, essayer de placer une petite veilleuse qui facilitera la descente la nuit et voyez si vous pouvez choisir un mode d’accès plus facile (vous pouvez faire des escaliers avec un Ikea Hack par exemple)

ikea hack tobogan pour descendre facilement du lit

image trouvée sur Ikeahackers

  • le noir absolu

Certes tant que l’on dort, on ne s’en rend pas compte du noir, mais lors du passage d’une phase de sommeil à l’autre nous sommes nombreux à ouvrir un oeil un court instant. Si nous avons nos repères et que l’on sait où l’on est, pas de soucis on replonge dans le sommeil sans même se rendre compte de s’etre reveillé, mais rappelez-vous la désagréable sensation que l’on a quand on se réveille et pendant un court instant on ne sait plus où l’on est (en vacances par exemple). C’est ce qui peut arriver aux enfants s’ils se réveillent dans le noir absolu.

solution: installer une petite veilleuse… et éventuellement joué à cola maya dans la journée pour l’aider à prendre des repères ^-^

  • une petite lumière qu’on ne s’explique pas

A l’inverse si votre enfant se réveille une nuit et découvre une lumière qu’il ne connaît pas (mode veille d’un appareil électrique par exemple… qui peut lui parvenir indirectement avec un reflet de miroir…ou le modem qui s’éclaire seul dans la nuit sans raison…oui c’est du vécu!) dont il ne comprend pas la provenance, elle peut être la source de bien des fabulations.

solution: au moment de la crise vérifier si les portes (de la chambres et celles en face) étaient fermées comme d’habitude, penser à regarder les miroirs ou autres appareils électriques. Une fois identifié l’objet, il vous suffit de le débrancher (vive les économies d’energie) ou expliquer à votre enfant ce que c’est.

  • les ombres

Au changement de saison, quand les jours se rallongent et le soleil se lève plus tôt, la lumière naturelle peut filtrer à travers les volets et créer ainsi des jeux d’ombre. (chez nous c’est le cas quand les arbres en face ont des feuilles et que le vent les fait bouger, mais aussi les reflets des voitures à la lumière du matin, tout cela crée un mouvement d’ombre au plafond- que je n’avais jamais remarqué avant de trouver Biscotto fasciné à les regarder-)

solution: observer avec lui et apprenez à comprendre ce que c’est. Aidez vous aussi des ombres chinoises pour comprendre le principe, et si besoin,ajouter des rideaux occultant ou une petite lumière qui atténuera les ombres.

  • le désordre

Apprenez lui dès tout petit, à ranger sa chambre avant d’aller dormir, on y dort beaucoup mieux. (essayez vous aussi vous verrez…). Des jouets en bazar sont autant d’ombres que l’on ne comprendra pas, d’objets que l’on va se prendre dans les pieds en se levant la nuit pour aller faire pipi….

solution: intégrez le rangement à vos rituels du soir, c’est un grand cadeau pour l’avenir de lui en donner l’habitude.

  • le changement

Les enfants sont encore plus sensibles que nous au changement. Ils aiment leurs habitudes et leurs repères.

solution: si vous devez faire un changement dans sa chambre ou même déménager, éviter les “surpriiiises”. Prévenez le à l’avance et si possible faites lui découvrir sa nouvelle chambre en début de journée pour qu’il ait pu s’y habituer au moment d’aller dormir.

A vous la parole.

J’espère que tous ces bons conseils pourront être utile pour ramener la calme et la sérénité dans vos familles. Si vous avez des expériences que vous voulez partager pour enrichir cet article, les commentaires ci-dessous sont à votre disposition. Merci d’avance.

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